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Téléchat

Le logo de l'émission, créé par Michael Bastow

Téléchat était une série télévisée en coproduction belge et française, créée par Roland Topor et Henri Xhonneux, avec le concours d'Éric Van Beuren. Les protagonistes principaux en étaient des marionnettes, et le ton général présentait une critique de la société sous des dehors bon enfant.

Synopsis Modifier

Téléchat est un magazine quotidien de télévision de cinq minutes. Téléchat a son propre sigle, ses propres jingles, ses animateurs vedettes : le chat Groucha et l'autruche Lola. En direct du studio 5 de Téléchat, la télévision des poils et des plumes, Groucha et Lola nous donnent les dernières nouvelles du monde des objets et nous présentent des reportages exclusifs.

Fiche technique Modifier

Distribution Modifier

Histoire de Téléchat Modifier

Dans le milieu des années 1970, Henri Xhonneux et Éric Van Beuren, deux anciens de l'Institut des arts de diffusion qui ont ensemble créé Y.C. Aligator Film en 1969, tiennent le haut du pavé grâce au succès de leurs feuilletons télévisés. En se promenant à Cannes, dans les allées du MIPTV (Marché international des programmes de télévision), ils sont frappés par la pauvreté de l'offre destinée à la jeunesse, et décident de créer une émission pour enfant d'un genre nouveau.[1]

Xhonneux, sans doute inspiré par certains dessins de l'artiste parisien Roland Topor, invente le concept des Machins Chouettes, qui met en scène des objets animés. Or, en décembre 1976, Topor vient à Bruxelles pour y faire jouer sa pièce Vinci avait raison au Théâtre de Poche, dans le bois de la Cambre. Parce qu'ils connaissent Roger Domadi, directeur du théâtre, Xhonneux et Van Beuren réussisent à se faire inviter au dîner organisé pour la première de la pièce dans le restaurant La Patinoire. L'entente s'installe immédiatement entre les deux Belges et l'artiste français, qui restent tous trois à discuter jusqu'à la fermeture du restaurant.[1]

Avec Topor au dessin, l'aventure des Machins Chouettes prend forme. Parce qu'une série animée serait trop chère et trop longue à produire, le trio opte pour les marionnettes. Grâce à Daniël Van Avermaet, programmateur à la télévision publique néerlandophone en Belgique, ils rencontrent le producteur hollandais Loek de Levita, de Chanowski Productions (connu notamment pour De Fabeltjeskrant, en français Le petit Journal des Fables). Ce dernier les met en contact avec le sculpteur Harry Tolsma, qui commence à créer les marionnettes d'après les esquisses de Topor.[1]

Dans les studios hollandais de Chanowski, on tourne alors un premier pilote mettant en scène des objets musiciens. Le résultat, cependant, déçoit beaucoup les créateurs, qui remettent alors l'ouvrage sur le métier. Un an passe, et l'équipe réalise un second pilote des Machins Chouettes, où Sophie la cuillère et ses amis cherchent à savoir où ont disparu les couverts en argent. Si le jeune public à qui on montre le pilote se montre encourageant, il apparaît que les enfants ont du mal à s'identifier aux personnages.[1] C'est sur la suggestion d'un garçon de neuf ans qu'on décide d'introduire un chat pour interagir avec les objets.[2] Celui-ci, baptisé Groucha, est modelé d'après Lapin, un gros matou noir et blanc (plutôt collant) qui hante les couloirs d'Aligator Film.[3] Si on l'affuble d'un plâtre au bras gauche (si pratique pour ranger ses petites affaires !), c'est d'abord pour faciliter la tâche des manipulateurs.[1]

Le troisième pilote, qui prend les formes d'un journal télévisé loufoque, met en vedette une première version, plutôt hirsute, de Groucha. Cette nouvelle vidéo de 8 minutes sous le bras, Van Beuren et Xhonneux se rendent au salon des programmes de télévision de Monte Carlo. Autour d'une table de black jack, ils convainquent deux jeunes commerciales d'Antenne 2 de voir le pilote. Enthousiasmées, celles-ci le montre ensuite à Jacqueline Joubert, directrice de l'unité jeunesse d'Antenne 2, qui est immédiatement séduite par le projet.[1]

C'est en décembre 1981 que l'affaire se conclut pour de bon : on produira 78 épisodes de 5 minutes chacun, sous la forme d'une coproduction entre Chanowski Productions, Aligator Film, et Antenne 2. Commence alors le long travail d'écriture, sans cesse inspiré par la télévision, toujours allumée chez Roland Topor. Rapidement, on décide d'adjoindre à Groucha une co-présentatrice. Ainsi nait Lola l'autruche. C'est également pendant cette phase d'écriture que l'équipe se compose peu à peu. Jean-François Devaux et Maria Laborit rejoignent l'aventure pour interpréter les personages princpaux, le compositeur Pierre Papadiamandis accepte avec enthousiasme de créer les musiques de la série.[1]

En 1983, Téléchat est enfin prêt à sortir. C'est d'abord sur la RTBF que l'émission sera diffusée, à partir du 19 septembre dans l'émission "Lollipop", que présente Philippe Geluck.[4] Dès le 3 octobre, la série commence à être diffusée sur Antenne 2, dans les cinq dernières minutes du programme jeunesse Récré A2, présenté par Dorothée.[5] La marionnette de Groucha, il faut le souligner, n'est pas celle employée dans le troisième pilote, mais une nouvelle effigie. (Le Groucha d'origine reviendra, bien plus tard dans la série, sous le nom de Léon Minoux).

Même si la fin de la première saison semble indiquer que Téléchat ne reviendra plus, Groucha ayant désormais non plus un mais deux bras dans le plâtre, il n'en est rien. En 1984, la télévision des poils, des plumes et des choses est de retour avec une nouvelle formule. l'émission revient avec un nouveau générique, de nouvelles musiques de Papadiamandis, et surtout un nouveau personnage. Pour dynamiser la série, on introduit un antagoniste, le lapin Grégoire de la Tour d'Ivoire, dit GTI. Sa présence permet d'ajouter de la tension et de l'action.[6]

En 1985, Téléchat rempile pour une troisième saison, encore plus riche en rebondissements que la précédente. Mis à la porte de leurs studios suite au refus de Groucha de continuer à diffuser de la publicité, l'équipe devient un temps nomade. Pour finir, un nouveau sponsor leur offre un tout nouveau studio rien qu'à eux. Cette troisième série sera la dernière, car le trio des pères de Téléchat se refusent à ce que cet univers devienne une usine. Désireux de changer de registre, Topor, Xhonneux et Van Beuren se mettent à plancher sur Marquis, long métrage plus adulte et sulfureux.[1]

Mais ce n'est pas pour autant que l'aventure s'arrête tout à fait. Revenu d'un tour du monde qu'il s'est offert après trois ans de Téléchat, Henri Xhonneux raconte à Topor ses découvertes. Or, comme les Éditions du Seuil leur ont commandé un livre dans l'esprit de Téléchat, les deux compères décident d'écrire le journal de voyage de Groucha, qu'ils intitulent À rebrousse-poil: Le tour du monde de Groucha en 80 jours.[3]

DiffusionModifier

TélévisionModifier

En Belgique, la série a été diffusée à partir du 19 septembre 1983[4] dans l'émission Lollipop sur la RTBF. Elle fut ensuite rediffusée sur la même chaîne à partir du 22 août 1997[7], et sur Club RTL en 2012.

En France, à partir du 3 octobre 1983 dans l'émission Récré A2 sur Antenne 2. Rediffusion à partir de décembre 1995 sur La Cinquième, en 2002 sur TMC, puis de 2010 à 2013 sur Arte.[8]

Téléchat fut aussi doublé en espagnol et diffusée sur la chaîne TVE, dans le cadre de l'émission enfantine El Kiosko. Dans cette version, Groucha et Lola gardèrent leurs noms, mais Brossedur fut rebaptisé "Escobafono".

VHSModifier

La série fut diffusée sous forme de VHS éditées par la compagnie Magic Home Video. La série de cassette vidéos compte au moins 30 volumes comportant chacun six épisodes.

En 1997, à l'occasion de la rediffusion de la série sur ses ondes, la RTBF produisit une VHS reprenant des épisodes de la première saison. La VHS Téléchat estampillée RTBF Vidéo se vendait au prix de 599 francs belges (14,85 euros).[9]

DVDModifier

Coffret3 LCJ

Le troisième coffret de l'intégrale Téléchat LCJ

Une trilogie de DVD reprenant une sélection d'épisodes pour chaque saison (présentés comme les moments les plus « cha'voureux ») fut éditée entre novembre 2003[10] et mai 2004 par la société Cin & Scen.[11] Mis ensemble, les trois DVD ne reprennent que 80 des 234 émissions, mais contiennent divers bonus tels que les films publicitaires réalisés pour la Croix-Rouge, plusieurs interviews exclusives, ainsi que les second et troisième pilotes de la série.[10][11][12]

En février 2012, la première édition intégrale de Téléchat en DVD fut assurée par LCJ Editions. Chaque coffret correspondant à une saison comporte 4 DVD. Contrairement à la version Cin & Scen, la collection LCJ ne comporte aucun bonus, hormis de courtes biographies des personnages principaux.[13]

Notes et référencesModifier

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5, 1,6 et 1,7 Téléchat (livre)
  2. Anonyme, "Téléchat va pas mal, merci !", Le Soir Illustré, 13 décembre 1984, p. 60.
  3. 3,0 et 3,1 Oschinsky, M., "Groucha forever!", Pourquoi pas?, 08 octobre 1987, p. 93.
  4. 4,0 et 4,1 Marcillac, R. Chronique de la Télévision, Editions Chronique, ISBN 2-905969-76-8 p. 219
  5. Téléchat fait boum !
  6. V., J.-C., "Une collection de récompenses pour "Télé-Chat"", Le Soir Télé Week End, 22 décembre 1984.
  7. D.L., « Le retour de Téléchat », Le Soir, 30 août 1997
  8. « Téléchat de retour sur Arte » sur seasonone
  9. n.c., « Téléchat et Lola », Le Soir, 25 novembre 1997
  10. 10,0 et 10,1 « Téléchat - Saison 1 - DVD » sur DVDFr.com
  11. 11,0 et 11,1 « Téléchat - Saison 3 - DVD » sur DVDFr.com
  12. « Téléchat - Saison 2 - DVD » sur DVDFr.com
  13. « Téléchat saison 1 » sur L.C.J. Editions